La dyspraxie

Publié par meznik le

La dyspraxie

Qu’est-ce la dyspraxie?

La dyspraxie correspond à un dysfonctionnement de la planification des gestes volontaires. Ces gestes, normalement automatisés après un apprentissage (tenir sa cuillère, nouer ses lacets, écrire…), ne le sont pas chez les dyspraxiques. La dyspraxie inclut des problèmes de coordination et de motricité fine. Dans la majorité des cas, ces difficultés de coordination des praxies sont associées à des troubles oculomoteurs.

Parmi les troubles associés, on retrouve majoritairement un déficit d’attention.

Il existe plusieurs types de dyspraxie :

  • La dyspraxie visuo-spatiale ; c’est la forme la plus courante de dyspraxie. Elle se dénote par un trouble dans la coordination du geste ainsi que du regard. L’enfant présente un déficit de structuration de l’espace qui entraîne des difficultés lors des constructions, des assemblages (lego, mécano, puzzles). Il montre aussi des difficultés constantes en graphisme
  • La dyspraxie gestuelle, qui empêche de réaliser des gestes du quotidien, par exemple s’habiller, ou encore utiliser des outils

Les manifestations cliniques

  • Maladresse : l’enfant montre une grande maladresse dans tous ses gestes et connait des difficultés pour ouvrir tout contenant (paquet de chips, bouteille…) ou employer des ustensiles (couverts, outils, etc.).
  • Manque de coordination : peine à attraper un ballon, à attacher ses lacets, à ouvrir ou fermer une boutonnière ainsi qu’une fermeture éclair.
  • Faibles notions d’espace : se perd souvent, ne retrouve pas ses affaires.
  • Faibles notions de temps : a de la peine à se situer dans le temps ; ignore quel est le jour de la semaine ou quelle partie de la journée il est en train de vivre
  • Difficultés d’apprentissage : ses apprentissages sont laborieux et lui demandent davantage d’efforts qu’aux autres enfants. La mastication, l’utilisation de ciseaux le nouage des lacets ou le simple fait d’apprendre à se moucher
  • Difficultés d’utilisation et de manipulation d’objets et d’outils : mettre la table, se servir à boire, se coiffer, lacer ses chaussures, utiliser une clé, écrire lisiblement et/ou rapidement, tracer des traits, jouer un instrument de musique, jouer aux billes …
  • Ecriture illisible : écrit des caractères de taille disproportionnée, superpose les lettres. La tenue du crayon est malhabile et son écriture s’en ressent.
  • Difficulté de recopiage : a une meilleure orthographe sous dictée qu’en copiant un texte. Ceci s’explique par la nécessité de coordonner l’œil et la main lorsque l’on recopie et de réajuster les repères spatiaux pour passer d’un support à un autre, facultés qui sont déficitaires chez le dyspraxique.
  • Hypersensibilité : semble avoir une sensibilité plus grande que les autres enfants aux sons, aux odeurs ainsi qu’au toucher.
  • Opposition au changement : préfère des activités familières
  • Production faible de dessins : évite ce type de tâche, conscient de la mauvaise qualité de ses productions.
  • Apprentissage laborieux de la lecture : du fait de sa difficulté à organiser et calibrer ses saccades oculaires, a de la peine à automatiser la lecture et ceci bien qu’il soit tout à fait à même de déchiffrer.
  • Grandes difficultés en mathématiques : a souvent des mauvais résultats en mathématiques. Ses difficultés sont notamment dues au fait que, lorsqu’il tente de compter visuellement des éléments, à ses yeux, le chiffre qu’il dénombre varie (il peut en voir 4 alors qu’il y en a 5 par exemple, et 5 ou 6 par la suite). Il a donc de la peine à percevoir qu’un nombre est une valeur stable. Ou aussi, lorsqu’il pose une addition en colonne, s’il en comprend pourtant le principe, il ne parvient pas à respecter le bon alignement.

Répercussions

Ces manifestations peuvent entraîner :

–              Un manque d’autonomie dans les activités de la vie quotidienne

–              Une scolarité difficile particulièrement dans un certain nombre de matières tels que la géométrie (utilisation des outils comme le compas) et le sport

–              Lenteur

–              Grande fatigabilité

–              Isolement social

–              Mauvaise estime de sois

L’accompagnement en ergothérapie

  •  L’ergothérapeute permettra à l’enfant d’améliorer l’écriture en proposant un travail de graphisme et pré-graphisme axé sur la préhension (tenue du crayon), la coordination gestuelle et la précision œil/main. Ce professionnel vise également l’apprentissage de stratégie pour l’utilisation des outils scolaires. Des outils adaptés peuvent être proposé tel que le « cale-doigts », les règles avec une préhension…
  • L’ergothérapeute intervient également pour aider l’enfant dans ses activités de la vie quotidienne de l’enfant tel que l’habillage (lenteur, difficulté pour le laçage, vêtements mise à l’envers, boutonnages, fermeture éclair…).
  • L’ergothérapeute permet de favoriser l’emploi d’un ordinateur pour les travaux écrits (demander s’il peut l’utiliser à l’école).

Quelques conseils pour aider l’enfant dyspraxique

  • Eviter les distractions qui peuvent perturber l’enfant
  • Verbaliser, l’aider dans les activités de découpage, collage, pliage.
  • Guider verbalement et physiquement les nouveaux gestes moteurs.
  • Décortiquer les tâches en étapes simples et les présenter une à la fois.
  • Viser l’automatisation des gestes : démontrer toujours de la même façon, donner des temps d’exercices, pour permettre autant que possible la maîtrise de l’action.
  • Allouer plus de temps qu’aux autres élèves pour terminer la tâche et prévoir des temps de pause.

YENER Done, stagiaire en ergothérapie

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